Lula réélu le 25 octobre : pourquoi les droits de douane américains sur le Brésil ne bougeront pas avant novembre
La réélection de Luiz Inácio Lula da Silva pour un quatrième mandat, dimanche 25 octobre 2026, relance l'attention sur le bras de fer tarifaire avec Washington : les droits combinés qui pèsent sur les exportations brésiliennes restent en vigueur, et Brasília n'attend une proposition écrite américaine qu'en novembre. Pour les importateurs qui achètent du sucre, du bois, du poisson ou du mobilier brésilien, rien ne change dans l'immédiat — mais tout peut évoluer rapidement selon le ton que prendra la nouvelle administration Lula vis-à-vis de Washington.

Lula réélu le 25 octobre : une victoire qui ne change rien, pour l'instant, aux droits de douane américains
Dimanche 25 octobre 2026, Luiz Inácio Lula da Silva a remporté le second tour de l'élection présidentielle brésilienne. Lula's victory in Brazil's October 25, 2026, presidential runoff has renewed attention to the Lula–Trump tariffs dispute and the possibility of further American sanctions, as he defeated Senator Flávio Bolsonaro.

Ce résultat offre à Lula un quatrième mandat présidentiel, non consécutif, au terme d'une campagne marquée par des désaccords sur les relations du Brésil avec Washington. Mais pour les entreprises qui importent ou exportent des marchandises brésiliennes, la question concrète reste la même : les droits de douane américains vont-ils baisser, rester stables, ou s'alourdir encore ?
Conseil pratique : ne tablez sur aucune baisse automatique des tarifs liée au résultat électoral. Votre feuille de coûts d'importation doit rester calée sur les taux actuellement en vigueur.
Rappel du dossier : comment le Brésil s'est retrouvé avec des droits de douane combinés pouvant atteindre 37,5%
Le point de départ remonte à juillet 2026. Après une enquête d'un an, l'USTR a imposé un tarif de 25% sur un large panier de produits brésiliens importés, une enquête qui a mis en avant des préoccupations multiples touchant au commerce, à la gouvernance, à l'environnement, au numérique et au droit du travail.
Il s'agit d'une procédure dite « Section 301 » — un mécanisme américain qui permet de taxer unilatéralement les importations d'un pays accusé de pratiques commerciales jugées déloyales (Section 301 : une loi commerciale américaine qui permet au gouvernement de taxer les importations d'un pays accusé de pratiques déloyales).

Depuis, un second niveau tarifaire s'est ajouté. D'après les données les plus récentes, des droits pouvant atteindre 37,5% restent en vigueur après la réélection de Lula pour un quatrième mandat. Ce taux combiné résulte de l'empilement du tarif Section 301 de 25% avec une surtaxe additionnelle liée aux enquêtes sur le travail forcé, appliquée à plusieurs dizaines de pays partenaires des États-Unis.
Jusqu'à 37,5% de droits de douane cumulés pèsent aujourd'hui sur une large partie des exportations brésiliennes vers les États-Unis — et ce taux ne devrait pas bouger avant novembre 2026.
Quels produits brésiliens paient le prix fort, et lesquels restent exemptés
Toutes les marchandises brésiliennes ne sont pas logées à la même enseigne. Les importateurs américains de sucre, de bois, de poisson et de mobilier brésiliens continuent de payer les droits supplémentaires, tandis que le café, le bœuf et le jus d'orange restent exemptés.
- Produits toujours taxés : sucre, bois, poisson, mobilier, éthanol, machines, chaussures
- Produits exemptés : café vert, bœuf, jus d'orange
- Autres exemptions historiques : aéronefs civils, énergie, fonte brute, métaux précieux, pâte de bois, engrais
Si vous importez du café brésilien, votre chaîne d'approvisionnement n'est donc pas directement affectée par cette surtaxe. En revanche, si vous achetez du mobilier ou du poisson transformé depuis le Brésil, le surcoût tarifaire continue de s'appliquer intégralement à vos déclarations en douane.
Recommandation : vérifiez systématiquement le code tarifaire (HS) exact de chaque référence que vous importez du Brésil — l'écart de traitement douanier entre deux lignes tarifaires proches peut représenter plusieurs dizaines de points de pourcentage.
Le calendrier à surveiller : une proposition écrite américaine attendue en novembre
Aucune négociation accélérée n'est à prévoir dans l'immédiat. L'équipe commerciale brésilienne attend une proposition écrite des États-Unis en novembre, le ministre du Commerce Márcio Elias Rosa ayant indiqué le jeudi 8 octobre que le gouvernement espérait recevoir cette proposition à cette échéance.
Sur le plan juridique, la victoire électorale de Lula ne déclenche automatiquement aucun mécanisme de représailles ou d'apaisement du côté américain.
Trump conserve des instruments juridiques pour imposer des droits de douane supplémentaires, étendre les restrictions commerciales existantes ou introduire de nouvelles sanctions ciblées, mais la victoire électorale de Lula ne remplit pas en elle-même les conditions légales requises pour activer ces instruments, qui dépendraient de décisions prises en vertu de la législation américaine applicable.
Le contentieux ne se limite d'ailleurs pas au seul terrain commercial : des sanctions Magnitsky avaient déjà visé le juge de la Cour suprême fédérale Alexandre de Moraes, ajoutant une dimension diplomatique au dossier tarifaire.
Ce que les importateurs et exportateurs doivent faire maintenant
Dans l'attente de la proposition américaine de novembre, les entreprises qui commercent avec le Brésil ont intérêt à sécuriser leurs positions plutôt qu'à parier sur un dénouement rapide.
- Importateurs américains : maintenez vos budgets de trésorerie calés sur les taux actuels (25% + surtaxe additionnelle) jusqu'à publication officielle d'un nouveau barème.
- Exportateurs brésiliens : diversifiez si possible vos débouchés vers des marchés non soumis à ces surtaxes, le temps que la proposition de novembre clarifie la trajectoire.
- Courtiers en douane : gardez une veille active sur les futures notices de l'USTR (Office of the US Trade Representative), qui publiera tout changement de taux au Federal Register.
Conseil final : ce dossier illustre une règle simple du commerce international : un changement politique majeur (ici une réélection) ne se traduit en changement douanier concret qu'après publication d'un texte officiel. Jusqu'à cette publication, le statu quo tarifaire prévaut — et c'est sur cette base que doivent être calculés vos coûts d'importation.
Sources et références
- Lula Wins Brazil's Runoff: Will Trump Escalate Tariffs and Sanctions? – Diplomacy and Law
- Brazil Awaits US Tariff Offer After Lula's Election Win – Rio Times
- Brazil US Tariffs in 2026: What the Lula-Trump Call Means – Discovery Alert
- Brazil Condemns U.S. Decision to Impose 25% Tariffs, Vows to Retaliate – TIME