Mexique : le tarif de 50% sur les voitures chinoises est confirmé pour durer, en pleine renégociation de l'ACEUM/T-MEC
Le 20 octobre 2026, le ministère mexicain de l'Économie a confirmé devant les concessionnaires automobiles que le droit de douane de 50% sur les véhicules chinois restera en vigueur, malgré les craintes de perdre des investissements industriels chinois. Cette confirmation intervient alors que le Mexique négocie en parallèle avec Washington une baisse de son propre tarif américain de 25% à 15% sur les véhicules fabriqués au Mexique, dans le cadre de la révision annuelle de l'USMCA/T-MEC.

Le Mexique tranche : le tarif anti-Chine sur l'automobile reste en place
Le 20 octobre 2026, le ministère mexicain de l'Économie a mis fin aux spéculations lors du forum de l'AMDA, l'association des concessionnaires automobiles du pays. Carlos Castillo, responsable de l'unité de développement productif du ministère, a affirmé que les mesures tarifaires doivent être maintenues car elles font partie d'une politique industrielle plus large visant à protéger la production locale et l'emploi.

Le ministère de l'Économie a dit mardi 20 octobre 2026 à l'AMDA que les mesures tarifaires doivent être maintenues, tandis qu'un consultant présent au même forum a averti d'une possible perte d'investissements industriels chinois. Pour les importateurs qui espéraient un assouplissement rapide, le message est clair : le mur tarifaire reste debout.
Concrètement, si vous importez des véhicules fabriqués en Chine (y compris des véhicules électriques) vers le Mexique, la surtaxe de 50% continue de s'appliquer en plus des droits de douane normaux, sans date de révision annoncée.
Rappel : un tarif de 50% en vigueur depuis le 1er janvier 2026
Ce tarif n'est pas nouveau : il découle d'une loi votée par le Sénat mexicain le 10 décembre 2025. Le Sénat mexicain a approuvé la loi le 10 décembre 2025 par 76 voix contre 5, avec 35 abstentions, après son adoption par la chambre basse, et elle est entrée en vigueur le 1er janvier 2026 en relevant les tarifs de 5% à 50% sur 1 463 lignes tarifaires, concernant les produits chinois et ceux d'autres pays sans accord commercial avec le Mexique.

La mesure cible en priorité l'automobile : le Mexique facture un tarif de 50% sur les voitures finies en provenance de pays sans accord commercial, la Chine y compris, depuis le 1er janvier 2026, avec une exemption pour les moteurs de moins de 1,0 litre.
Sans accord commercial avec le Mexique, un véhicule chinois paie 50% de droits de douane à l'entrée depuis le 1er janvier 2026 — une mesure que les autorités mexicaines viennent de confirmer vouloir maintenir.
Une exemption ciblée sur les pièces détachées, réservée aux usines déjà installées
Autre développement récent à connaître : le 13 octobre 2026, le gouvernement mexicain a publié un décret allégeant les coûts... mais uniquement pour les constructeurs déjà implantés sur son sol.
Le Mexique a supprimé son droit de douane de 10% sur les pièces d'assemblage automobile pour cinq ans, à compter du mercredi 14 octobre, via un décret de la présidente Claudia Sheinbaum visant à attirer des lignes de production pour des véhicules actuellement importés complets, publié au Journal officiel le mardi 13 octobre et signé le 9 octobre.
Mais attention à ne pas s'y méprendre : cette exemption ne profite pas aux nouveaux entrants. Le ministère de l'Économie a précisé le 16 octobre que la mesure s'applique uniquement aux entreprises disposant déjà d'installations productives au Mexique, suite à des interrogations d'analystes sur le risque d'ouvrir la porte à des marques chinoises ou à de nouveaux arrivants.
En clair, si vous êtes un fournisseur de pièces détachées (semi-knocked-down, composants d'assemblage) qui exporte vers le Mexique, vérifiez d'abord si votre client final possède bien un entrepôt sous douane (bonded warehouse) et une installation de production homologuée au Mexique : sans cela, le taux zéro ne s'applique pas à vous.
En toile de fond : le Mexique négocie sa propre baisse tarifaire avec Washington
Cette fermeté affichée côté chinois s'explique aussi par un rapport de force parallèle avec les États-Unis. Le Mexique défend ce mur tarifaire tout en réclamant à Washington un geste réciproque sur ses propres exportations automobiles.
Le Mexique demande à Washington de réduire son tarif Section 232 de 25% sur les véhicules fabriqués au Mexique à 15%, tandis qu'il défend son propre mur de 50% contre les voitures de pays sans accord commercial — les deux dossiers se rejoignant dans la révision de l'USMCA (le traité de libre-échange nord-américain, aussi appelé T-MEC).
Les négociations avancent, selon des informations recoupées par plusieurs médias spécialisés : dans les termes actuellement négociés, Washington abaisserait son tarif sur les véhicules légers mexicains de 25% à 15%, un taux plein qui ne s'applique qu'au contenu non américain, ramenant le taux effectif entre 10% et 12% selon les estimations mexicaines.
Mexico cherche toutefois à obtenir mieux que l'accord déjà consenti à son voisin canadien, où Washington a proposé à Ottawa un taux nominal de 15%, pouvant descendre à environ 7% après application de la décote maximale de contenu régional.
Pour un importateur américain de véhicules assemblés au Mexique, cela signifie qu'une baisse tarifaire pourrait arriver avant la fin de l'année — mais rien n'est signé, et le calendrier de la quatrième session de négociation reste incertain.
Ce que cela change concrètement pour les chaînes d'approvisionnement
Dix mois après l'entrée en vigueur du tarif, les effets sur le terrain sont contrastés. Certains constructeurs contournent déjà la barrière par le jeu des règles d'origine.
- Contournement par pays tiers : Hyundai a transféré sa chaîne d'approvisionnement pour son SUV Creta destiné au Mexique, de l'Indonésie vers le Vietnam, les unités fabriquées au Vietnam ayant commencé à arriver en août — le Vietnam n'étant pas visé par la surtaxe de 50%.
- Marché record malgré le tarif : le Mexique a vendu 1 144 002 véhicules légers neufs entre janvier et septembre 2026, en hausse de 5% et un record pour cette période.
- Ralentissement anticipé : le président de l'association des concessionnaires AMDA anticipe un ralentissement de la croissance sur les derniers mois de 2026, les entreprises chinoises pouvant désormais répercuter le tarif de 50% sur les acheteurs.
- Investissements industriels en jeu : les importations de voitures chinoises ont chuté de 31,1% à 158 571 unités au premier semestre 2026, tandis qu'un consultant estime les investissements industriels planifiés par les constructeurs chinois à l'étranger à 45 milliards de dollars sur dix ans — un montant que le Mexique risque de voir filer vers d'autres pays.
Notre recommandation : si vous exportez des véhicules ou des pièces vers le Mexique, documentez précisément le pays d'origine réel (et pas seulement la marque) de chaque composant. La logique de contournement via des pays tiers comme le Vietnam fonctionne tant que les règles d'origine ne sont pas resserrées — mais rien ne garantit que cette fenêtre reste ouverte si Mexico City décide d'étendre ses contrôles.
Sources et références
- Mexico Keeps 50% Chinese Car Tariff as Plant Fears Grow - Rio Times
- Mexico's 50% Car Tariff Prompts Rerouting - Rio Times
- Mexico Waives Tariff on Car Assembly Parts - Rio Times
- Mexico limits tariffs break to established local carmakers - Reuters via Investing.com
- Mexico Nears US Deal to Cut Auto, Steel and Aluminum Tariffs - Mexico Business News